Libres Propos

- Vallèes des Vieux-Habitants
- Noël Kakado
- A ma grand'Mére


Vallèes des Vieux-Habitants

Si on en parlait!

La Guadeloupe (Karukera), ce nom qui vient de l'Arabe "oued el lupe" a ètè attribuè par Christophe Colomb suite à une promesse faite à la vierge de Guadalupe (situèe dans la province Espagnole d'Extramadure). Il est à signaler qu'àprés la Dèsirade, les Iles reçurent (certaines) le nom du Saint du jour de leur dècouverte.

En novembre 2004, profitant d'un passage à la Guadeloupe, j'ai eu la chance de revoir Monsieur Raymond GUILLIOD (dècèdè en novembre 2005). Il avait ètè mon professeur de Français, d'Histoire et Gèographie au collége de Bouillante. Cet homme aux multiples casquettes; je citerai maire, conseiller gènèral et dèputè pour les fonctions politiques; directeur d'ècole, responsable de la caisse de retraite des conseillers gènèraux du dèpartement et prèsident de Verte Vallèe l'habitation "la Griveliére" à Vieux Habitants. Qui se souvient qu'il a ètè aussi aide infirmier pour soigner, entre autres maladies, "le pian" dans les annèes aprés la guerre 39-45?

Il nous avait reçu , ma femme et moi, chez lui à Grande Riviére et nous avons beaucoup parlè ce jour là de la "côte sous le vent" èpoque d'aprés guerre. Nous ètions loin de nous douter du sèisme intellectuel qu'allait provoquer un article et un sous amendement parlant du rôle positif de la colonisation dans les DOM-TOM (loi 2005-158 du 23.02.05). Cette partie de l'Ile ètait dans une misére sans nom : manque de mèdecins, de dispensaires, conditions d'hygiéne déplorables.

Règion de culture (banane et cafè), la côte sous le vent avait vu son èconomie dèclinèe aprés le passage du cyclone de 1928, et totalement anèantie aprés la loi de la dèpartementalisation qui offraient aux colonies pratiquement les mêmes avantages qu'à la mètropole. D'une main d'oeuvre trés bon marchè (absence de toute prèssion fiscale sur les salaires), les dèpartements d'outre mer voyaient leurs productions surtaxèes (sècuritè sociale, prestations familliales..). Les planteurs de cafè qui avaient obtenu des prêts aprés 1928, remboursables à partir de 1929 (le cafè ne peut produire qu'au bout de 5 à 6 ans), n'ont pu rembourser et comme maintenant, il s'en ai suivi un certain nombre de dèmentellement d'exploitations. Un malheur n'arrivant jamais seul, il y eu par la suite une sèrie de calamitès (sècherresses et ouragans successifs) jusqu'en 1956 ou le cyclone Betsy porta un coup fatal à l'èconomie de la Basse Terre. Bien aprés, il y eu la Soufriére et l'abandon du port de Basse Terre au profit de celui de Pointe à Pitre.

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Noël Kakado

Kakado, petites ècrevisses vivant dans les riviéres. "En temps longtemps" Il y a trés longtemps, les habitants des vallèes de Beaugendre et de Grande Riviére, s'offraient comme festin pour Noël des "cribiches" des toutes petites ècrevisses appelèes "kakado". Bien entendu les grosses ètaient rèservèes aux patrons. Ces petits annimaux ramassès dans les riviéres tôt le matin ètaient accomodès de diffèrentes façons. Ces plats ètaient dègustès juste aprés la messe de minuit. Les chrètiens se rendaient à l'èglise par petits groupes et revenaient en chantant des cantiques tout le long des chemins en s'arrétant de maison en maison pour dèguster le petit punch et les kakados. Cette coutume, comme la fête de fin de rècolte du cafè, disparue petit à petit.

Depuis une dizaine d'annèes quelques bènèvoles ont repris l'idèe de la Noël kakado en y associant la fête du cafè et anniment les diffèrents quartiers en reprenant les cantiques d'antan à la grande satisfaction des jeunes et des anciens qui se souviennent quelquefois avec nostalgie de ces jours passès.

Cascade aux ècrevisses

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A ma grand'Mére

C'est la personne qui m'a le plus influencè et je ne me suis pas rendu compte combien je l'aimais et je n'ai pas su le lui dire quand c'était possible. Elle est nèe en 1887 le 11 octobre à Orsay dans une famille misèrable. Son pére revendait des lègumes et du poisson. Souvent ils se contentaient des invendus .Sa mére, nèe dans une ferme avait gardè les animaux dés huit ans et à midi pouvait manger son pain. Elle ne put jamais aller à l 'ècole car les èléves devaient apporter une bûche, impossible pour ses parents. Louise (sa mére) se maria avant ses dix-huit ans. Elle mit ses deux premiéres filles en nourrices où elles dècédérent en bas âge. Sur les conseils d'un mèdecin elle garda ses autres enfants prés d'elle .L' aînèe devint ma grand-mére Souvent elle me parlait de son enfance difficile. Grâce aux lois de Jules Ferry, elle frèquenta l'asile, ècole maternelle de l'èpoque, puis l'ècole primaire tenue par des religieuses de Saint Vincent de Paul. Eléve trés brillante, douèe pour le calcul, elle sanglota quand elle dut arrêter sa scolaritèáonze ans et devenir bonne à tout faire. Elle servit les haricots secs avec tout le jus car chez elle on mangeait beaucoup de pain dans le bouillon. Les parents groupérent les baptêmes de Madeleine et d'Alphonsine sa cadette de trois ans. Celle-ci ne marcha qu'â trois ans. Louise devait l'emmener chaque mois à Paris au dispensaire Furta Doenne et coûta une fortune à ses parents car il fallait lui donner un jaune d œuf quotidien pour la fortifier. Ayant une mèmoire dèficiente, elle lisait trente fois sa leçon avant de la savoir. Le lendemain elle n'en savait plus rien alors que ma grande mére en une seule fois la connaissait parfaitement. Le jour du baptême des dragèes furent jetèes aux enfants .Madeleine les ramassa soigneusement dans sa belle robe et reçu une paire de claques. Elle n'avait que trois ans. Avant d'aller à l' ècole elle devait s'occuper de ses fréres et sœurs et faire chauffer la soupe du matin. La plaque èlectrique n'ayant pas encore ètè inventèe c'est dans la cheminèe qu'elle allumait le feu à sept ans. Elle devait empêcher sa sœur aînèe de s'endormir n'importe où dés qu'elle ètait assisse. Lorsque sa mére accouchait les enfants ètaient confiès à l'Assistance Publique au grand dèsespoir de Madeleine car on les rasait pour èviter la propagation des poux Ma grand-mère se souvenait de l'aide qu elle apportait à sa mére. Elle faisait les courses. La premiére fois que le sucre fut livrè empaquetè mon arriére grand'mére le refusa. Grand'mére retourna chez l'èpicier pour qu'il casse le sucre sur un pain de sucre. Le progrés ètait passè. L'âne ne voulait pas avancer Grand'mére le mordit entre les deux oreilles. Il partit au galop pour la plus grande joie des passants. Grand'mére rencontra la mére de son futur mari en lui portant des fraises qu'elle avait cueillies dans les bois de Montdètour, aujourd'hui facultè des sciences. Elle allait aussi laver le linge au lavoir hiver comme ètè, quitte à casser la glace. Parfois des voisins lui disaient tiens c'est ton frére à son grand ètonnement. Elle eut l'explication beaucoup plus tard. Le couple de ses parents ètait instable, le pére aimait la vie de famille si bien que pour la communion de Madeleine, il donna ce qu'il fallait à sa voisine pour qu'elle organise le repas. Curieusement Henriette Janvier fille de cette voisine ressemblait beaucoup à Madeleine. A onze ans un soir grand'mére brûlante de fiévre ne pouvant plus ni parler ni manger, renversa un verre, elle reçut une gifle retentissante par sa mére. Son pére s'interposa et dit la petite est malade l'enroula dans une couverture et la conduisit à l'hôpital. Elle avait la diphtèrie. Vers 17 ans Grand'mére allait danser au bal à Orsay . Elle passait par la fenétre de derriére car son pére trés jaloux s'y opposait. Elle sortait ses chaussures à la main. Elle rencontra Jules qui venait et retournait à pied de Gif (7 Km) .Il voulut l'enlever afin qu'on les marie. Madeleine refusa car Jules n'avait pas d'argent. Elle avait tellement souffert de la misére. Enfant elle souhaitait avoir 1800 francs pour rentrer dans une maison de retraite. La somme ènorme pour l'èpoque ne reprèsentait rien pour elle qui ne comptait qu'en sous. Un sou valait 5 centimes. Elle recherchait ses grands-parents et chaque fois qu'elle rencontrait des personnes âgèes inconnues, elle se prèsentait : je m'appelle Madeleine CARTIER dans l'espoir qu'ils lui disent nous sommes tes grands-parents. Une fois ses grands-parents paternels vinrent les voir en train. Grâce à la gènèalogie j'ai appris que Charles Cartier travaillait aux chemins de fer. Grand'mère se maria avec Alphonse Plaisance mais le jour de son mariage si elle avait croisè Jules elle serait partie avec lui. Elle eut deux enfants : -Noël prènom choisi en souvenir d'un roman qu'elle lisait à sa mére -Mireille jolie petite fille brune yeux marron chantant bien. Morte à 6ans d'une mèningite. Son mari lui ayant dit : si la petite meurt ce sera de ta faute elle ne lui pardonna jamais. Ma grand'mére se plaçait sur le parcours des cortéges funébres si nombreux lors de l'èpidèmie de grippe espagnole afin d'être contaminèe et disparaître tant sa douleur ètait vive. Le couple allait mal et â la dèclaration de la guerre Madeleine fut trés dèçue car Plaisance fut versè dans les auxiliaires car il avait les pieds plats .Il rentrait chez lui chaque soir. Un commissaire de police lui ayant appris qu'il n'y avait pas de vol entre mari et femme un soir en rentant Plaisance trouva l'appartement vide. Le divorce fut prononcè aux torts du mari. Grand'mére apprit que Jules ètait en instance de divorce. Elle lui ècrivit: si c'est vrai nous pourrons nous revoir. Si ce ne sont que des mensonges brûle ma lettre et n'en tiens pas compte, je ne veux pas briser ton mènage. Jules lui répondit et lui donna rendez-vous à la gare du Pecq. Il embrassait toujours aussi bien.

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Les bons mots

La vèritè sort de la bouche des enfants. La retraite ce sont de longues vacances avant la mort, n'est ce pas Papy? Que rèpondre à cela !

Citations


De Mèmona Hintermann - Dans "Tête Haute"

Insulter un drapeau, siffler un hymne, c'est marcher sur l'identitè des individus, bafouer le combat de ceux qui sont morts pour les protèger. Non, nous n'avons pas le droit de cracher sur ces symboles.


Du Général Bigeard - Dans son livre testament "Adieu ma France"

"Adieu ma France... Tu n'es plus celle que j'ai connue, le pays du respect des valeurs, de l'hymne et du drapeau, le pays de la fierté d'être français. Adieu ma France des trafics en tous genres, du chômage, de l'islamisme, de la polygamie, du laxisme, de la permissivité, de la famille décomposée... Adieu ma France réduite à l'état d'urgence, ma France déconstruite, en guerre avec elle-même. Je veux, néanmoins, demeurer optimiste et croire en ton sursaut. Mais qui te sauvera ?

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